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Le risque sera payant en 2026 !

Des actions à l’or, en passant par les obligations et le bitcoin : quels sont les placements à privilégier, ou pas, en 2026 ? Peut-on s’attendre à une poursuite des bonnes surprises de l’an dernier ? La confiance est de mise en ce début d’année. Sous réserve des excès de Donald le va-t-en-guerre…

2026 finances bourse

Interrogé sur Trends Z au tout début janvier, alors que la bourse de Bruxelles signait sa quatrième progression en quatre jours, Jérôme van der Bruggen, stratégiste en chef chez Degroof Petercam, a cette réponse : « Il va falloir s’y habituer ». Le ton est donné ! La plupart des professionnels abordent en effet l’année 2026 en confiance.

Actions : les perles de l’Europe

Dans un environnement plutôt apaisé sur le plan économique et financier, à défaut du plan géopolitique, les investissements à risque seront payants cette année : tel est le sentiment global des professionnels. Apaisé ? Les taux d’intérêt sont maintenant à la baisse aussi outre-Atlantique, tandis que la croissance économique se montre résiliente. Les entreprises recommencent à investir, ce qui soutient l’activité. C’est en particulier le cas dans les infrastructures, notamment pour la production et le transport de l’électricité. « Pour faire tourner les centres de données, il faut de l’électricité et l’Europe dispose de quelques très belles entreprises dans ce secteur », souligne Jérôme van der Bruggen. Quant à l’intelligence artificielle (IA), un des géants mondiaux est basé aux Pays-Bas : ASML.

Le stratégiste de Degroof Petercam avance également la défense parmi les secteurs favoris, avec des dépenses militaires que l’Europe a multipliées par quatre depuis 2019. Et en dépit des envolées boursières déjà spectaculaires de plusieurs ténors. Il est vrai qu’ici comme ailleurs, ces derniers ne sont pas seuls à mériter l’attention. Les petites et moyennes entreprises prospèrent dans leur sillage, par ruissellement. C’est le troisième secteur retenu, d’autant que ces actions sont globalement fort bon marché. Le quatrième ? Celui des banques. Sorties du purgatoire en 2022 et ayant déjà enregistré une belle envolée, ce secteur reste meilleur marché qu’avant la crise financière, en dépit d’un environnement aujourd’hui plus sûr. Globalement, l’accès au flux de dividendes générés sur les bourses européennes est 35 % meilleur marché qu’à Wall Street, juge le stratégiste.

Les obligations : non aux États, oui aux entreprises

L’environnement évoqué plus haut est également favorable aux obligations, surtout d’entreprises. Ces dernières années, les gestionnaires d’actifs donnent souvent la priorité à ces dernières par rapport aux obligations d’État, dont le rendement est moindre. On a tout récemment assisté à deux évolutions contradictoires. D’une part, le supplément de rendement offert par ces obligations d’entreprises s’est tassé, ce qui a rendu les investisseurs moins enthousiastes. D’autre part, l’endettement de nombreux États s’est amplifié en raison de lourds déficits budgétaires (celui des États-Unis atteint 7,4 %), ce qui génère une réelle inquiétude.

En pratique, les gestionnaires de fonds se tournent massivement vers les obligations d’entreprises, mais davantage à haut rendement (high yield) que de première qualité (investment grade). C’est ce que soulignait encore récemment Banque de Luxembourg Investments en évoquant, pour la zone euro, un rendement d’un gros 3 % pour les secondes (soit guère plus que les 2,8 % des obligations souveraines) et de 4,1 % pour les premières. La différence compense-t-elle le risque accru présenté par les entreprises devant offrir un « haut rendement », lequel découle de leur moindre qualité ?

La réponse est positive, à plusieurs niveaux. Sauf environnement économique très défavorable, les « accidents » sont très peu nombreux, d’autant que les gestionnaires opèrent une forte sélection : ils délaissent largement les très hauts rendements, témoins d’une entreprise en difficulté. La répartition du risque en plusieurs dizaines, voire centaines, d’entreprises est bien entendu essentielle. Notons encore que le dollar n’a pas trop la cote, en dépit de rendements supérieurs. Chez Generali Investments par exemple, on le juge encore surévalué.

Bitcoin : pas celui qu’on prétendait !

Une fois n’est pas coutume, évoquons le bitcoin, véhicule de spéculation plutôt que d’investissement, car on ne saurait ignorer l’importante leçon délivrée en 2025. Sa formidable hausse du printemps, qui le conduisit en chiffres ronds de 80 à 120.000 dollars entre avril et juillet, suivie d’un véritable krach (moins un tiers) en octobre et novembre, démontre à suffisance sa volatilité et le fait qu’il est imprévisible. Rappelons qu’il a finalement chuté de 8 % en dollar et de 18 % en euro l’an dernier.

L’essentiel est toutefois ailleurs et est beaucoup plus fondamental. Comme les autres crypto-monnaies, le bitcoin était présenté comme un actif indépendant non seulement des banques centrales, mais aussi des marchés financiers : son cours ne devait pas subir les aléas boursiers, ni les évolutions des devises ou des taux d’intérêt. Il en était donc décorrélé, suivant l’expression utilisée en finance. Et c’est une qualité, car cela signifie qu’un tel actif est défensif puisqu’il ne chute pas avec les autres. L’or a historiquement un tel statut dans un patrimoine composé de valeurs financières.

La comédie du Liberation Day a fait chuter la bourse américaine de 12 % entre le 2 et le 8 avril. Et le bitcoin ? Il recule de… 11,4 %. Une corrélation stupéfiante !

L’an dernier pourtant, le bitcoin n’a absolument pas répondu à ce profil. Déjà, sa chute de l’automne est-elle décevante dans la mesure où elle semble avoir été accentuée par le malaise de Wall Street à propos de l’intelligence artificielle. Mais que dire alors de ce qui s’est passé en avril, lorsque le locataire de la Maison Blanche a lancé ses droits de douane ? La comédie du Liberation Day a fait chuter la bourse américaine de 12 % entre le 2 et le 8 avril. Et le bitcoin ? Il recule de… 11,4 %. Une corrélation stupéfiante ! Indépendamment de ses (autres) qualités et défauts, c’est en tout cas raté pour l’actif décorrélé. À ne pas oublier.

Une année en or

La grande vedette de 2025 est incontestablement l’or, largement évoqué ici en octobre dernier. Son envol fut spectaculaire : quasiment 50 % de hausse, et en euro. En dollar, il a progressé de deux tiers. On évoque traditionnellement les incertitudes géopolitiques pour expliquer l’évolution de son cours, ce qui se vérifie parfois… mais pas toujours. Les achats des banques centrales, notamment chinoise, constituent ces dernières années le véritable catalyseur de sa hausse. Pour une raison simple : ces pays veulent diversifier leurs réserves et, en particulier, diminuer le poids du dollar dans celles-ci. Sa part serait passé de 10 à 26 % en une dizaine d’années, suivant le World Gold Council. Le mouvement s’est accéléré depuis l’arrivée à la Maison Blanche d’un président qui semble prêt à tout !

Plus marginal, l’argent a fait davantage d’étincelles encore que l’or, ayant carrément flambé de plus de 120 % en euro ! Plusieurs analystes continuent de conseiller les matières premières dans leur ensemble, du moins non agricoles. Le métal jaune ne fut pas seul à se mettre en vedette l’an dernier : outre le platine, autre métal précieux, qui a doublé, on relève le bond surprenant du cuivre. Alors que le faible tonus de l’économie chinoise était censé peser sur son cours, il s’est apprécié de quelque 45 % en dollar. Les marchés de matières premières sont très spéculatifs et un investisseur particulier ne saurait s’y aventurer autrement qu’au travers d’un fonds bien diversifié.

Quelques leçons de l’année 2025

Ce bel optimisme global reste évidemment soumis aux aléas divers qui peuvent survenir en cours d’année, notamment l’humeur belliqueuse du président américain. L’année 2025 a rappelé que même une action star pouvait dramatiquement flancher; on songe à Novo Nordisk, fabricant des fameux Ozempic et Wegovy, en chute de moitié ! Ou encore qu’un même secteur ne garantit nullement des performances semblables. Dans l’énergie, le danois Orsted, champion du renouvelable, a perdu 62 % de sa valeur, tandis que l’allemand Siemens Energy (plus diversifié) s’envolait de 140 % ! Dans un autre ordre d’idées, la banque JP Morgan rappelle que la volatilité fait partie de l’investissement en actions et ne doit pas (trop) effrayer. Les bourses mondiales étaient en chute de 17 % au début avril et elles ont finalement terminé l’année… en hausse de 17 %.

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Écrit par Guy Legrand12 janvier 2026
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