Cette polarisante convention
Sous le couvert d’un rassurant taux global d’adhésion de 85,72 % à l’accord médico-mutualiste 2026-2027 se cache une réalité plus nuancée. Celle d’un conventionnement de plus en plus fragmenté selon les disciplines et les lieux d’exercice.
Là où la médecine générale et certaines disciplines hospitalières restent solidement, voire presque entièrement conventionnées, plusieurs spécialités ambulatoires rejettent nettement les tarifs de l’accord (tous les chiffres ci-contre). Le taux en dermatologie est, à cet égard, particulièrement marquant : 27,89 % d’adhésion, dont une part importante de conventionnement partiel. L’ophtalmologie, la gynécologie-obstétrique, l’orthopédie ou encore l’urologie restent elles aussi à des niveaux faibles. D’un spécialiste à l’autre, l’accès financier aux soins ne repose donc plus sur les mêmes garanties.
Le constat n’est pas neuf, mais il se creuse. D’un côté, les généralistes rappellent que le temps long et les consultations complexes, insuffisamment reconnus, fragilisent leur pratique. De l’autre, nombre de spécialistes ambulatoires disent ne plus pouvoir absorber, dans les tarifs actuels, les coûts de fonctionnement, de matériel et d’équipement.
Frank Vandenbroucke dit vouloir sortir de ce « Far West des suppléments » sans totalement interdire ceux-ci, à court terme en tout cas (lire en pages 4 et 5). Concernant l’ambulatoire, il s’accorde avec les médecins pour reconnaître que le problème se situe au niveau d’une nomenclature dépassée. Pour préserver le système conventionnel et lutter contre les excès, le ministre a mis en route un long processus de réforme de la nomenclature, dont les prémisses seront connues d’ici mi-2027. Avec toutefois en ligne de mire, mais à plus long terme, un débat sur la suppression (disons « le renoncement ») à ces fameux suppléments d’honoraires. Autant de projet qui pourraient radicalement changer la donne pour l’accord Médico-mutualiste 2028-2029. Mais chaque chose en son temps.