218.000 invalides en Wallonie
La Wallonie et le Fédéral coopèrent pour le retour à l'emploi des malades de longue durée
La Wallonie et le gouvernement fédéral, par l'entremise du ministre wallon de l'Emploi Pierre-Yves Jeholet et du ministre des Affaires sociales Frank Vandenbroucke ont signé, mercredi à Braine-Le-Comte, un protocole d'accord visant à favoriser le retour au travail (RaT) des malades de longue durée par l'amélioration de la coordination entre les différents acteurs concernés, dont le Forem, l'INAMI et les mutuelles.
Les autorités entendent remettre à l'emploi 12.000 personnes par an d'ici la fin de la mandature en 2029. Un premier rapport provisoire devrait déjà sortir à la fin 2026. La Belgique compte aujourd'hui 576.643 personnes en invalidité, dont plus de 218.000 en Wallonie.
Concrètement, une intervention du Forem, coordinateur du système, sera proposée dès les premiers mois d'incapacité, dès lors qu'un potentiel de travail est identifié. L'accompagnement de la personne partira des capacités restantes et des possibilités.
Médecins, Forem, opérateurs spécialisés et bénéficiaires seront pleinement impliqués dans le parcours. Les moyens seront davantage orientés vers les résultats en matière d'insertion et de retour à l'emploi.
Moins d'entrants, plus de sortants
"On ne peut pas accepter que des milliers de personnes restent durablement à l'écart de l'emploi alors qu'un potentiel existe", a indiqué Pierre-Yves Jeholet. "Notre responsabilité est d'agir plus tôt, de mieux coordonner nos actions et de proposer des solutions concrètes pour remettre ces personnes sur le chemin du travail."
"Notre ambition, c'est que moins de personnes entrent en invalidité que de personnes qui en sortent. Le travail fait partie du processus de guérison, à condition qu'on l'aborde de la bonne façon, au bon moment, avec les bons acteurs", a ajouté Frank Vandenbroucke.
"Les malades de longue durée qui souhaitent retrouver un emploi mais qui se heurtent à des obstacles, ce sont ces personnes qui sont au coeur de notre ambitieux protocole", a-t-il poursuivi.
Coût du trajet RaT : 5.000 euros
Le mécanisme comprend ainsi, pour les personnes disposant d'un potentiel de travail, une proposition de formation dans un centre de formation et d'insertion socioprofessionnelle adaptés (CFISPA), un stage en entreprise qui pourrait déboucher vers l'emploi.
Le financement du dispositif est basé sur un accord avec le Fédéral, l'Inami et le Forem. "On estime que le coût d'un trajet de retour à l'emploi d'une personne est de l'ordre de 5.000 euros, qui seront financés au Forem par l'Inami pour l'accompagnement de la personne, un encadrement plus rapide et plus intense qu'il ne l'est aujourd'hui", a expliqué Pierre-Yves Jeholet.
"Le mécanisme comprend également un objectif de résultat, puisqu'il y aura une avance de 65 % du budget pour chaque parcours et, si on voit qu'un résultat est atteint, ce qui peut être la remise au travail ou l'inscription dans une formation qualifiante, les 35 % restants seront libérés", a souligné le ministre régional.