Bouchez et les vampires
Les négociations budgétaires n’apaisent pas les tensions, que du contraire.
Comment trouver 10 milliards d’euros d’ici 2029 pour redresser les comptes de la Nation, alors que la dette publique dépasse les 109 % du PIB et que la Belgique figure déjà parmi les pays les plus taxés de l’OCDE ?
Le budget des soins de santé et de la santé publique est considérable. Il est tentant de le solliciter même si la santé est une des préoccupations majeures des Belges et que la prospérité du pays en dépend.
En ligne de mire, les éternels malades de longue durée et les mutuelles. Selon une sortie de Georges-Louis Bouchez dont il a le secret, ces dernières seraient, avec les syndicats, des « vampires d’argent public ». Déclaration faite devant Martin Buxant sur RTL le 28 septembre. Le vampire suce le sang des bien-portants, l’analogie est violente mais espère faire mouche. Quant aux malades de longue durée, selon M. Bouchez, certains sont vraiment malades, mais il y aurait aussi « beaucoup de faux malades dans ce pays ».
À cet égard, un ancien rapport interne de l’INAMI, évoqué à la Chambre en avril, a de quoi interpeller : sur 290 personnes contrôlées, 59 % ne répondaient plus, selon les inspecteurs, aux critères de reconnaissance de l’incapacité de travail. Mais l’échantillon n’était pas représentatif.
Qu’il y ait des abus dans le système, c’est évident. Que nous soyons trop taxés et que des économies soient indispensables, l’est tout autant. Mais le débat doit rester serein. Là, on est dans l’invective. Ce n’est pas productif.