Certificat dès le premier jour : pas une bonne idée
Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Axel Ronse, propose de permettre aux employeurs d’exiger à nouveau un certificat médical dès le premier jour en cas d’absences fréquentes et de courte durée pour maladie. Pour Domus Medica, c’est trop tôt.
Depuis le 1er janvier, les travailleurs peuvent s’absenter un jour sans certificat deux fois par an, contre trois auparavant. La N-VA veut déjà revenir en arrière afin de mieux cerner les causes des absences et éviter que ces arrêts répétés ne soient considérés comme allant de soi.
Domus Medica conteste cette proposition. Cette association de médecins généralistes liée au syndicat AADM demande au gouvernement d’analyser les données avant de modifier à nouveau les règles. « Il est trop tôt pour revenir sur cette mesure », estime sa présidente, Maaike Van Overloop. Elle souligne qu’une étude récente de Securex constate une baisse des absences de courte durée.
Préserver le temps médical
Pour Domus Medica, rétablir le certificat dès le premier jour alourdirait la charge des cabinets sans bénéfice démontré pour les patients, les employeurs ou la société. Les consultations destinées uniquement à délivrer une attestation réduisent le temps disponible pour les soins et le suivi. Elles ne débouchent souvent sur aucun examen, traitement ou accompagnement supplémentaire. Et de toute manière, l’incapacité relève des médecins-conseils des mutuelles, pas des MG.
Domus Medica demande qu’on évalue le système actuel : absences courtes, mais aussi incapacités de moyenne et longue durée, réintégration et pression sur les soins. « Les choix politiques doivent reposer sur des faits, et non sur des théories », insiste sa présidente.
À titre de comparaison, les pratiques en Europe varient : le Royaume-Uni autorise sept jours d’absence sur déclaration personnelle. L’Allemagne exige un certificat au-delà de trois jours. Aux Pays-Bas, l’évaluation de l’incapacité revient au médecin du travail. La France impose, elle, un certificat dès le premier jour.