Economies…
A l’heure d’écrire ces lignes jeudi dernier, le gouvernement Arizona se palpait encore pour savoir comment trouver 10 milliards d’ici la fin de la mandature.

Le plus simple est d’augmenter les taxes – profit à court terme qui rééquilibre les comptes rapidement. Un rééquilibrage de façade, bien sûr. Puisque en l’absence de croissance économique conséquente, on ne fait qu’alourdir la charge portée par le mulet contribuable.
Si la TVA pour les produits de luxe (dont le gaz et l’électricité – comme si c’était un luxe de se chauffer et de laver son linge) passait de 21 à 22%, mesure "indolore", comme l’a proposé Bart De Wever, le pouvoir d’achat des ménages restant inchangé (et même raboté par une inflation qui ne se tarit pas), ceux-ci ne vont pas dépenser plus que leur salaire-poche. Au final, la courbe de Laffer imposera sa loi d’airain : passé un seuil psychologique, taxer plus rapporte moins. Ou bien, comme le disait Mitterrand, « trop d’impôt tue l’impôt ».
Réduire les dépenses est sans doute la seule solution. Mais les fruits d’une telle politique éclosent avec effet retard. Et si les besoins ne cessent d’augmenter – notamment en santé –, la tentation demeure d’aller chercher au moins 4 milliards dans l’enveloppe a première vue gigantesque des soins de santé et de l’incapacité de travail (qui pèse à elle seule 10 milliards par an).
Frank Vandenbroucke a promis de remettre 100.000 malades de longue durée sur le marché du travail. Est-ce réaliste alors que les citoyens-patients sont pressés de plus en plus comme des citrons sur leur lieu de travail ? Les médecins généralistes qui les voient arriver dans leur cabinet, cramoisis et des cernes jusqu’aux oreilles, en savent quelque chose. La guérison ne se décrète pas.