Prévention du suicide
« Il faut faire davantage » (santhea)
Demain 5 février est la journée de la prévention du suicide. La coupole hospitalière santhea en profite pour appeler à en faire une priorité structurelle de santé publique.
En effet, santhea constate que « les dernières données consolidées disponibles montrent que le suicide reste une cause majeure de mortalité en Belgique, avec plus de 1.700 décès par an, un chiffre nettement supérieur à celui des accidents de la route. Il demeure par ailleurs l’une des principales causes de décès chez les jeunes, révélant une détérioration préoccupante de la santé mentale et une vulnérabilité croissante de certains publics. »
Or la diminution des taux de suicide, qui s’observe sur le long terme, est trop lente, estime la coupole hospitalière. « L’Organisation Mondiale de la Santé rappelle que, au rythme actuel, les États n’atteindront pas l’objectif de réduction d’un tiers des suicides d’ici 2030. »
En Wallonie, des dispositifs insuffisants
« Sur le terrain wallon, les institutions de soins constatent quotidiennement les limites des dispositifs existants. Les ruptures de prise en charge des soins dans la cité après une tentative de suicide restent fréquentes, en particulier dès la sortie d'un passage de l’hôpital. Ces discontinuités augmentent le risque de récidive, notamment chez les jeunes, et mettent les professionnels en grande difficulté. » Il y a clairement un manque de cohérence globale.
Que demande donc santhea aux politiques ?
Notamment de :
-Reconnaître la prévention du suicide comme une priorité publique majeure, au même niveau que la sécurité routière, tant en matière d’investissements que de pilotage politique
-Intégrer la prévention du suicide dans l’ensemble des politiques publiques : action sociale, aide à la jeunesse, enseignement, aménagement du territoire, politiques numériques.
-Renforcer la continuité des soins après une tentative de suicide, en garantissant un relais effectif entre l’hôpital, la première ligne et les dispositifs spécialisés.
-Déployer une première ligne psychologique renforcée au sein des services d’urgences, et soutenir le développement d’équipes mobiles de crise de santé mentale au départ des hôpitaux généraux.
-Réformer et renforcer le fonctionnement des réseaux de santé mentale, en priorisant l’action des équipes mobiles de crise et de suivi à long terme en aval des situations aiguës.
« Le suicide n’est ni une fatalité ni un sujet marginal. C’est un enjeu majeur de santé publique et de société, qui exige des décisions politiques claires, une vision à long terme et des investissements à la hauteur de son impact humain », souligne Yves Smeets, Directeur général de santhea.