Un gynécologue néerlandais a engendré au moins seize enfants issus de dons avec son propre sperme
Un ancien gynécologue de l’hôpital Rijnstate d’Arnhem a utilisé son propre sperme lors de traitements de fertilité dans les années 1970 et 1980. Au moins seize enfants issus d’un don ont ainsi été conçus. Le médecin s’avère en outre porteur d’une maladie héréditaire qui a peut-être été transmise aux enfants.

La nouvelle est apparue fin 2024 à la suite d’un épisode de la série documentaire néerlandaise Spoorloos onderzoekt : Sporen van een spermabank (litt. "Enquête Spoorloos : sur les traces d'une banque de sperme, NdlR). La série révèle que le médecin en question a engendré plusieurs enfants avec son propre sperme, sans que les parents d’intention en aient connaissance.
Cette révélation a conduit l’hôpital d’Arnhem à ouvrir une enquête interne sur les agissements du médecin. Jusqu’à présent, l’enquête a permis d’identifier seize enfants issus d’un don, mais on soupçonne qu’ils pourraient être plus nombreux. Selon l’hôpital, la raison pour laquelle le médecin a utilisé son propre sperme reste pour l’instant inconnue. Le gynécologue a déclaré aux enquêteurs qu’il utilisait son propre sperme lorsque le donneur faisait défaut.
Maladie héréditaire
L’enquête révèle également que le médecin est porteur d’une maladie héréditaire. Selon les réalisateurs de l’émission, l’un des enfants issus du don souffre de graves conséquences, car une maladie génétique du côté paternel lui a été transmise, ainsi qu’à son propre enfant.
Dans les années 1970 et 1980, il n’existait pas encore de législation aux Pays-Bas concernant les traitements de fertilité, mais il y avait bien des directives professionnelles et des règles de conduite. Celles-ci stipulaient par exemple qu’un médecin « ne doit pas s’immiscer dans la sphère privée du patient au-delà de ce qui est nécessaire dans le cadre des soins ».
L’hôpital lance un appel aux éventuels enfants issus du don
« Nous considérons les agissements du médecin, même à la lumière de l’époque, comme inacceptables », réagit Hans Schoo, administrateur de Rijnstate. « Il ne fait aucun doute que l’utilisation par un médecin de son propre sperme lors de traitements de fertilité de patients est contraire aux règles de conduite. »
À la suite de l’affaire de cet ancien gynécologue, l’enquête a également examiné plus largement la manière dont Rijnstate a géré les erreurs du passé liées à la banque de sperme. L’hôpital indique se rendre compte aujourd’hui que les enfants issus d’un don et les parents d’intention des débuts de l’insémination artificielle ont encore de nombreuses questions.
« Nous avons compris que la perspective des enfants issus d’un don est extrêmement importante pour répondre à ces questions », déclare Schoo. Rijnstate lance un appel aux éventuels enfants issus d’un don de ce médecin afin qu’ils déposent leur ADN auprès du centre d’expertise Fiom.