Neurologie

Centre de neurosciences VIB-KU Leuven

Maladie de Parkinson: vers des thérapies davantage ciblées

Dans une nouvelle étude parue dans Nature Communications, des chercheurs belges (VIB & KU Leuven) montrent que la maladie de Parkinson peut être subdivisée en différents sous-types, ce qui pourrait expliquer pourquoi un traitement unique ne fonctionne pas chez tous les patients. L’équipe a identifié, grâce à l'IA, deux groupes et cinq sous-groupes de la maladie, une étape majeure vers des thérapies plus personnalisées.

C.V. - 5 mai 2026

Drosophila brain. Parkinson VIB
Drosophila brain. DLG (magenta) highlights postsynaptic regions, while TH (cyan) labels dopaminergic neurons. © VIB

Une étude menée par le VIB et la KU Leuven, publiée en mars dans Nature Communications, propose une nouvelle classification de la maladie de Parkinson. En utilisant l’apprentissage automatique, les chercheurs belges ont identifié deux grands groupes et cinq sous-groupes moléculaires, ouvrant la voie à une médecine de précision.

Au-delà du phénotype clinique

Définie, classiquement, par ses symptômes moteurs et son déclin neurologique progressif, la maladie de Parkinson est, cliniquement, traitée comme une seule pathologie. Or, sa pathogenèse repose sur des mutations génétiques variées, qui impliquent des mécanismes biologiques bien différents.

Cette hétérogénéité explique pourquoi une approche thérapeutique uniforme échoue souvent à produire des résultats constants chez tous les patients.

Implications pour la pratique thérapeutique

Dre Natalie Kaempf & Pr Patrik Verstreken L'équipe du Pr Patrik Verstreken (Centre de neurosciences VIB-KU Leuven) a eu recours à l'analyse computationnelle pour dépasser l'observation clinique. « Nous avons identifié deux grands sous-groupes qui peuvent être subdivisés en cinq groupes plus restreints de parkinsonisme », précise-t-il par voie de communiqué.

L'étude souligne que les formes génétiques de la maladie s'organisent en sous-types moléculaires spécifiques. Cette découverte invite à repenser la maladie de Parkinson comme un spectre de pathologies apparentées plutôt que comme une seule et même pathologie.

La distinction est cruciale : si les symptômes regroupent, en apparence du moins, tous les patients, les mécanismes moléculaires divergent. Le développement d'un traitement capable de corriger l'ensemble des dysfonctionnements moléculaires s'avère donc illusoire, il faut développer des thérapies ciblées et personnalisées.

Des perspectives pour le futur...

Les chercheurs ont suivi le comportement de modèles de drosophiles porteurs de mutations associées à la maladie de Parkinson, puis ont utilisé des méthodes computationnelles et d’apprentissage automatique non biaisées pour identifier des motifs. "En laissant les données orienter l’analyse, l’équipe a pu mettre en évidence des regroupements naturels de la maladie qui n’auraient pas été détectables avec des approches traditionnelles fondées sur des hypothèses", précise le communiqué.

"Nous avons pris des animaux porteurs de mutations dans l’un des 24 gènes impliqués dans la maladie, et nous avons simplement suivi leur comportement sur des périodes prolongées", ajoute la Dre Natalie Kaempf, première auteure de l’étude.

"Grâce à ces sous-catégories, nous pouvons désormais étudier des groupes de patients porteurs de mutations spécifiques, rechercher des biomarqueurs ciblés et développer des traitements adaptés à chacun de ces groupes", pour suit le Pr Verstreken.

Les chercheurs sont parvenus à corriger le phénotype parkinsonien dans des modèles animaux en testant différents composés selon les sous-groupes. Ils ont également observé que ces sous-groupes répondaient différemment aux différentes molécules.

... et même pour d'autres pathologies

"Lorsque nous avons pris un premier composé qui corrigeait le sous-groupe A et que nous l’avons testé sur le sous-groupe B, ce dernier n’a pas été amélioré. Notre étude montre qu’il est possible de développer des médicaments spécifiques à chaque sous-groupe, avec des effets positifs ciblés", complète le Pr Verstreken.

Mieux encore: cette approche non biaisée pourrait également être appliquée à d’autres maladies causées par des mutations dans plusieurs gènes. "Le même principe peut être appliqué à d’autres types de maladies. Les pathologies causées par des mutations dans une diversité de gènes ou par des facteurs environnementaux pourraient être classées selon ce principe", conclut le Pr Verstreken.

Référence
Behavioral screening defines the molecular Parkinsonism-related subgroups in Drosophila. Kaempf, et al. Nature Communications, 2026. DOI: 10.1038/ s41467-026-70303-8

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