Proposition de résolution pour une lutte efficace contre l’obésité
Les députés Jean-François Gatelier et consorts (Les Engagés) ont déposé, le 24 juin, à la Chambre des représentants, une proposition de résolution visant à lutter plus efficacement contre l’obésité chez les adultes.
Le KCE résumait la situation comme suit : « Une modification du mode de vie - alimentation et activité physique - reste le traitement de base, en raison de son coût relativement faible, de son caractère non invasif et donc de ses risques limités. »
Une compétence communautaire partagée
Les entités fédérées disposent de larges compétences en matière de prévention et jouent donc un rôle important dans la prévention du surpoids et de l’obésité. Mais l’autorité fédérale dispose également de leviers en matière de prévention et de nombreuses compétences pour favoriser un environnement alimentaire sain.
Proposition de résolution
La proposition de résolution demande au gouvernement fédéral, en concertation avec les entités fédérées :
1.d’élaborer une stratégie nationale visant d’abord à stabiliser, puis à réduire la prévalence de l’obésité d’ici 2035, notamment au moyen des actions suivantes :
1.1. prendre des mesures fortes et efficaces en vue d’une politique alimentaire qui promeut une alimentation saine et la rend plus accessible ;
1.2. associer davantage les professionnels de première ligne à la prévention de l’obésité et, en particulier :
1.2.1. attribuer un rôle plus important au médecin généraliste dans la détection des problèmes de surpoids dès les premiers signes d’une prise de poids excessive ;
1.2.2. familiariser les médecins généralistes, par la formation, avec l’Edmonton Obesity Staging System (EOSS), un outil d’évaluation qu’ils peuvent utiliser pour apprécier la gravité de l’obésité de leurs patients et les orienter vers les soins les plus appropriés ;
1.2.3. offrir aux médecins généralistes davantage de flexibilité dans l’accompagnement individuel de leur patient, notamment sur la base de la possibilité :
1.2.3.1. d’un remboursement de l’accompagnement par un diététicien et/ou un psychologue ;
1.2.3.2. d’un remboursement des traitements médicamenteux dans le cadre d’une prise en charge structurée et sur la base de critères scientifiquement validés ;
1.3. d’élaborer et de mettre en œuvre un trajet de soins pour les adultes, axé sur des soins accessibles et efficaces contre l’obésité, à l’exemple du trajet prévu pour les enfants et les adolescents, et plus précisément fondé sur :
1.3.1. une évaluation du patient au moyen de l’Edmonton Obesity Staging System, un système de classification permettant d’évaluer la gravité de l’obésité ;
1.3.2. des soins adaptés à la situation individuelle du patient, sur la base :
1.3.2.1. d’un soutien assuré par le médecin généraliste, un diététicien et/ou un psychologue, ainsi que de son remboursement ;
1.3.2.2. d’un accompagnement ambulatoire dans un centre de traitement multidisciplinaire ;
1.3.2.3. ou d’un suivi dans un centre spécialisé de soins résidentiels ;
1.4. pour les patients atteints d’obésité sévère ou ayant difficilement accès aux soins, de développer et de mettre en œuvre des dispositifs d’accompagnement de proximité et de coaching multidisciplinaire à domicile ou à distance - par télésurveillance -, ainsi que d’envisager la reconnaissance de case managers afin de garantir cet accompagnement de proximité ;
1.5. d’élargir les programmes d’activité physique prescrits par un médecin pour les patients souffrant d’obésité et de veiller à leur accessibilité ;
1.6. de mettre en œuvre les recommandations du KCE relatives aux soins multidisciplinaires de première ligne pour les adultes souffrant d’obésité ;
1.7. d’élargir la formation de base ainsi que la formation continue des professionnels de la santé en matière de prévention et de traitement de l’obésité ;
1.8. d’envisager l’instauration d’un baromètre de l’obésité pour les médecins généralistes, à l’exemple du baromètre du diabète et du baromètre des antibiotiques ;
1.9. d’assurer un monitoring permanent de la prévalence du surpoids, ainsi que d’améliorer la conservation et l’analyse des données relatives au traitement des patients concernés, afin de suivre l’évolution de la situation et de mesurer l’efficacité des soins proposés ;
1.10. de tenir compte du gradient sociodémographique du surpoids et de l’obésité, et de déployer des politiques ciblées, dès lors qu’il est établi que certaines catégories de population présentent un risque plus élevé de surpoids ou d’obésité ;
1.11. de veiller à ce que les personnes en surpoids et/ou souffrant d’obésité ne fassent pas l’objet de discriminations.