Sclérose en plaques et diabète de type 1
La technologie de l'ARNm s'avère prometteuse pour le traitement des maladies auto-immunes
Des chercheurs de l’Institut de recherche biomédicale (BIOMED) de l’Université de Hasselt et de la société belge de biotechnologie etherna démontrent que la technologie de l’ARNm est prometteuse pour le traitement ciblé des maladies auto-immunes. Leurs résultats ont été publiés dans la prestigieuse revue scientifique *Advanced Science*.
Dans les maladies auto-immunes, le système immunitaire attaque par erreur les tissus sains de l’organisme. De nombreux traitements existants inhibent cette réaction immunitaire, mais ne le font pas toujours de manière suffisamment ciblée. Cette nouvelle approche basée sur l’ARNm vise à moduler le système immunitaire de manière plus précise. Et avec succès : les chercheurs ont ainsi réussi à réduire considérablement la gravité de la maladie dans des modèles précliniques de sclérose en plaques (SEP) et de diabète de type 1.
Une simple injection
Avec cette étude, les chercheurs démontrent que l’ARNm peut non seulement être utilisé pour activer le système immunitaire, comme dans le cas des vaccins contre les maladies infectieuses, mais aussi pour freiner de manière ciblée une réaction immunitaire déréglée. L’une des conclusions les plus marquantes de cette étude est d’ailleurs qu’une simple injection intramusculaire s’est avérée tout aussi efficace qu’une administration intraveineuse par perfusion. C’est important, car une injection intramusculaire est beaucoup plus facile à administrer et peut considérablement améliorer la praticabilité des futures thérapies à base d’ARNm.
Bien que des recherches supplémentaires soient encore nécessaires pour démontrer la sécurité et l’efficacité chez l’homme, ces résultats constituent une étape importante dans le développement de nouveaux traitements ciblés contre les maladies auto-immunes.
Cette recherche est le fruit d’une étroite collaboration entre etherna et l’Institut de recherche biomédicale (BIOMED) de l’UHasselt, dans le cadre de laquelle les deux partenaires ont mis en commun leurs expertises complémentaires. etherna a apporté son expertise en matière de technologie de l’ARNm et des nanoparticules lipidiques (LNP), tandis que l’équipe de recherche de la professeure Bieke Broux et de la docteure Paulien Baeten au BIOMED a fourni l’expertise immunologique et la connaissance des mécanismes sous-jacents aux maladies auto-immunes.
« Chez etherna, cela fait déjà plus de dix ans que nous développons notre plateforme ARNm-LNP, animés par une conviction simple : cette technologie est bien plus polyvalente que les seuls vaccins. Ces résultats le prouvent. Ils démontrent que notre plateforme peut non seulement être utilisée pour activer le système immunitaire, mais aussi pour l’apaiser et rétablir la tolérance immunitaire dans des modèles de sclérose en plaques et de diabète de type 1. Le fait qu’une simple injection intramusculaire s’avère aussi efficace qu’une administration intraveineuse constitue une avancée majeure vers des traitements pratiques et adaptés aux patients. Ce résultat n’est possible que grâce à la collaboration. La combinaison de notre technologie de plateforme avec l’expertise immunologique de pointe de BIOMED, ainsi que les contributions de l’Université de Gand (VIB), de l’UMass Chan Medical School et du soutien de VLAIO, est exactement le type de collaboration qui transforme l’ambition scientifique en progrès thérapeutique », déclare Bernard Sagaert, PDG d’etherna.
Une grande source de motivation
« Pour mon équipe et moi-même, le développement de traitements efficaces pour les personnes atteintes de maladies auto-immunes est la principale source de motivation derrière tout ce que nous faisons. Ce que nous avons accompli avec etherna est, pour être honnête, exceptionnel. Bien qu’une validation supplémentaire chez les patients reste essentielle, ces résultats démontrent un grand potentiel, non seulement pour la sclérose en plaques et le diabète de type 1, mais peut-être aussi pour un groupe plus large de maladies auto-immunes », déclare la professeure Bieke Broux de BIOMED UHasselt. « Des résultats comme ceux-ci nous rappellent pourquoi nos recherches sont si importantes. Ce projet démontre en outre ce qu’il est possible de réaliser lorsque l’expertise scientifique et la biotechnologie se renforcent mutuellement », déclare le Dr Paulien Baeten de BIOMED UHasselt.
P. Baeten, K. Beets, T. Schalley, et al. « Autoantigen mRNA-LNP Vaccination Drives Therapeutic Efficacy in Preclinical Models for Autoimmunity. » Advanced Science (2026) : e76382.