Résolution de loi
Pour des tests VIH mieux accessibles en pharmacie
La députée Kathleen Depoorter a déposé une résolution visant à rendre les tests VIH plus accessibles et plus faciles d’accès via les pharmacies. En donnant aux pharmaciens un rôle plus important dans le dépistage précoce du VIH, elle souhaite réduire le nombre de diagnostics tardifs.
« Aujourd’hui encore, trop de personnes reçoivent leur diagnostic trop tard. C’est inacceptable », affirme Kathleen Depoorter. « Une personne testée et traitée à temps a une espérance de vie quasi normale et n’est plus contagieuse. »
Lever les obstacles au dépistage
Le VIH reste un défi important pour la santé publique en Belgique. Chaque année, plusieurs centaines de nouveaux diagnostics sont encore posés, dont un tiers de manière tardive[1]. Cela représente environ 220 personnes.
Selon la députée N-VA, cela n’est pas dû à un manque de connaissances médicales, mais à des obstacles dans l’accès au dépistage: « La stigmatisation, la peur des conséquences sociales, le coût et le manque d’anonymat dissuadent encore trop souvent les gens de se faire tester aujourd’hui. Nous devons surmonter cela. »
Les pharmacies peuvent jouer un rôle important à cet égard. Elles sont faciles d’accès, bien réparties sur le territoire et ne nécessitent pas de rendez-vous. Aujourd’hui, des autotests VIH sont déjà disponibles, mais ils n’offrent pas toujours un accompagnement ou un suivi suffisant. Il faut que les pharmaciens - moyennant la formation nécessaire et dans un cadre légal clair - puissent aussi effectuer des tests au moyen d’une simple piqûre au doigt.
La qualité, le suivi et la prévention au centre
La résolution met fortement l’accent sur la qualité et le suivi médical. Seuls des tests scientifiquement validés pourront être utilisés et les patients ayant un test réactif devront être rapidement orientés vers une prise en charge complémentaire.
Par ailleurs, l’accent est également mis sur la prévention, notamment via un meilleur accès à la PrEP. En permettant aux médecins généralistes de prescrire la première ordonnance, ce traitement pourrait devenir plus accessible.
« Si nous voulons réellement faire reculer le VIH, nous devons miser à la fois sur la prévention et sur la détection précoce, sans obstacles », conclut Kathleen Depoorter.
>> 1. En 2024, 662 nouveaux diagnostics de VIH ont été enregistrés en Belgique, soit 56 nouveaux diagnostics par million d’habitants, ce qui correspond à une moyenne de 1,8 nouveau diagnostic par jour. Le nombre de diagnostics en 2024 s’est rapproché de celui de 2023 (+2%). Une proportion importante de ces diagnostics (33% en 2024) est posée tardivement.