Koen Straetmans quitte l’APB
Michael Storme prend le relais
Après 20 ans au sein de l’APB, dont les six dernières années en tant que président, Koen Straetmans quitte l’association. Depuis le 1er mai, il est remplacé par Michael Storme, qui était déjà actif ces dernières années au sein de la direction opérationnelle.
Koen Straetmans a été l’un des visages de l’APB pendant deux décennies. Au cours des six dernières années, il occupait la fonction de président de l’organisation, un mandat qui s'est terminé de manière plutôt inattendue avec son départ fin avril. Depuis, il a entamé une nouvelle carrière en tant que CEO du grossiste coopératif Febelco Group.
Koen Straetmans revient avec satisfaction sur ses années passées au sein de l’APB dans les actualités en ligne réservées aux membres de l'APB.
Interrogé sur le projet dont il est le plus fier, il cite sans hésiter la proposition faite au ministre Vandenbroucke d’organiser les tests de dépistage du covid en pharmacie. « C’était un saut dans l’inconnu. Nous avons relevé ce défi avec brio et avec un nombre de pharmacies bien supérieur à ce qui avait été initialement promis. Cela a créé une relation de confiance avec le ministre et son cabinet. À partir de ce moment-là, ils ont su que s’ils collaboraient avec les pharmaciens et avec l’APB, il était possible de concrétiser des projets. »
Vaccination contre le covid et la grippe
Dans le prolongement du dépistage covid, la vaccination en pharmacie a ensuite été mise en place, d’abord contre le covid, puis également contre la grippe. « Il y a cinq ou dix ans, cela semblait impensable. Le fait d’avoir pu concrétiser cela pour notre secteur me rend vraiment fier », explique encore Koen Straetmans. Il pense que la mission vaccinale du pharmacien pourrait encore s’élargir à l'avenir. Il pense notamment aux vaccinations de voyage, aux vaccins contre le tétanos, l’hépatite, le HPV, le RSV et les pneumocoques. Des vaccinations qui sont déjà administrées depuis longtemps par les pharmaciens dans des pays comme la France.
Autre projet, certes moins « sexy », dont il est également très fier: le programme de sevrage des benzodiazépines. « Il montre que les pharmaciens sont des prestataires de soins, pas des commerciaux. Que nous aidons les patients à arrêter certains médicaments au lieu de simplement continuer à les délivrer. » Selon l'ancien président, c'est une évolution nécessaire vers davantage de soins, et un entrepreneuriat axé sur la bienveillance et la prise en charge des patients.
La délivrance à l’unité
L’un des dossiers les plus complexes durant sa présidence fut celui de la délivrance des antibiotiques à l’unité. M. Straetmans reconnaît qu’une délivrance correcte à l’unité est bénéfique pour le patient, à condition que sa mise en œuvre soit bien organisée et que les conditions préalables soient réunies.
« C’est un dossier pour lequel il est impossible de satisfaire tout le monde. Pour l'officine, ce n’est pas un scénario idéal, on essaie donc surtout de limiter les inconvénients. En soi, l’idée n’est pas mauvaise, c’est surtout son exécution qui pose problème. Et nous avons également besoin de la collaboration et du sens des responsabilités de l’industrie pharmaceutique pour mettre sur le marché des conditionnements adaptés, et de la part des médecins et des prescripteurs pour prescrire de manière appropriée et fondée sur l'Evidence-based. »
Au cours de sa présidence, Koen Straetmans a vu la profession de pharmacien évoluer en profondeur, même si ses fondements sont restés les mêmes : le pharmacien comme expert du médicament, avec un lien étroit entre la délivrance et l’accompagnement du patient. Ce qui a changé, ce sont les nouvelles missions de soins à forte valeur ajoutée qui se sont ajoutées au rôle du pharmacien. Ces missions (pharmacien de référence, accompagnement de l’observance thérapeutique, sevrage des benzodiazépines, bilan de médication, BUM BPCO, vaccination) ne sont pas des initiatives isolées, mais s’inscrivent dans une approche globale et intégrée des soins.
Selon Koen Straetmans, les critiques parfois formulées selon lesquelles la direction de l’APB serait déconnectée de la réalité du terrain sont injustifiées, même s’il comprend que cela puisse parfois être perçu ainsi. Afin de répondre à ces critiques – qui se sont d’ailleurs faites de plus en plus rares ces dernières années –, l’APB a fortement misé sur son accessibilité et sur l’apport de réponses aux questions des pharmaciens à titre individuel. Le président sortant n’hésitait pas lui-même à répondre personnellement aux pharmaciens lorsqu’ils avaient des interrogations. « C’est exactement l’inverse d’une tour d’ivoire. Cette proximité constitue une véritable force de l’APB. »
Une mission fondamentale inchangée
Toujours sur le site de l’APB, le tout nouveau président Michael Storme se projette également sur la mission qui l’attend. « Ce qui m’a toujours animé, c’est la volonté de faire la différence non seulement au sein de l’officine elle-même - où l’on apporte effectivement une réelle valeur ajoutée aux patients -, mais aussi au niveau des politiques de santé. Avec la plus grande considération pour l’officine, et je le pense sincèrement, j’avais le sentiment que ma motivation allait au-delà du travail quotidien derrière le comptoir. »
Michael Storme a hérité de la vocation pharmaceutique de sa famille. Son père était président d'une association professionnelle locale et administrateur de l’APB. « Il est décédé brutalement, et je constate que ma motivation est également fortement liée à cela. D’une certaine manière, je voulais poursuivre son engagement et marcher dans ses pas. »
Revue de médication
Ce changement à la tête de l’APB ne signifie pas qu’une orientation entièrement nouvelle sera adoptée. « L’APB est sur la bonne voie, et il est important pour moi de poursuivre dans cette direction. La trajectoire que nous avons empruntée ces dernières années mérite d’être poursuivie dans la continuité », déclare Michael Storme.
Tout comme pour son prédécesseur, la mission fondamentale du pharmacien reste inchangée aux yeux de M. Storme : « La délivrance experte des médicaments, le suivi de leur utilisation et la fourniture de soins pharmaceutiques de qualité. Ce fondement demeure essentiel. »
L’un des thèmes auxquels il souhaite accorder une attention particulière dans les années à venir est la revue de médication, qui peine à se développer. Plusieurs facteurs l’expliquent, selon lui : la pression du temps, une certaine appréhension à se lancer et la nécessité d’une bonne coordination avec le médecin généraliste. « La revue de médication n’est pas un luxe, mais une nécessité sociétale évidente. Les pharmaciens sont les experts du médicament et nous devons également assumer pleinement ce rôle », affirme M. Storme. « À l’APB, nous travaillons donc activement à la mise en place de parcours visant à renforcer le déploiement de la revue de médication et à réduire les obstacles. La Belgique fait d’ailleurs partie des pays où la revue de médication est correctement rémunérée. Nous n’avons vraiment pas à nous en plaindre. Certes, cela nécessite un investissement en temps et en expertise, mais c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Plus on acquiert d’expérience, plus le processus devient fluide. »
En tant que président de l’APB, Michael Storme est assisté, tout comme son prédécesseur, par les secrétaires généraux Nicolas Echement et Hendrik De Rocker. Ceux-ci restent en fonction malgré le changement de présidence.
>> Rendez-vous dans la prochaine édition du Pharmacien pour l'interview du nouveau président de l’APB.