Collaboration internationale
Approche-t-on du transport transfrontalier par drones ?
Lors du congrès de l’EAHP à Barcelone, plusieurs pharmaciens hospitaliers belges ont présenté des études et des projets. Le projet EDEN-Medical étudie la possibilité d’assurer le transport urgent entre des hôpitaux situés en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne à l’aide de drones.
Pour le Ziekenhuis Oost-Limburg (ZOL), les hôpitaux les plus proches ne se situent pas dans le même pays, mais de l’autre côté de la frontière, aux Pays-Bas (Zuyderland Medisch Centrum) et en Allemagne (Hôpital universitaire d’Aix-la-Chapelle). Alors que le transport entre hôpitaux au sein d’un même pays est bien organisé, de nombreuses difficultés apparaissent lorsqu’il s’agit de transport transfrontalier. Lors du congrès de l’EAHP, Marnik Stragier et Sarah Veldeman (du ZOL), ainsi que leurs collègues néerlandais et allemands, ont présenté l’état d’avancement du projet EDEN-Medical, qui vise à utiliser des drones pour assurer le transport entre ces trois hôpitaux.

Dans les situations d’urgence, chaque minute compte. La pandémie de covid-19 et les inondations qui ont frappé le sud du pays en 2021 ont mis en évidence la vulnérabilité des systèmes de soins de santé. Les hôpitaux ont notamment été confrontés à des pénuries de médicaments et d’équipements de protection individuelle en raison de problèmes logistiques. En 2025, les trois hôpitaux de la région transfrontalière Meuse-Rhin ont lancé le projet EDEN-Medical, car, dans certains cas, le transport transfrontalier est plus rapide qu’un transport en provenance d’un autre hôpital situé dans le même pays.
Urban Air Mobility
Dans une première phase, la législation des trois pays a été étudiée afin de déterminer quels types de transport pouvaient être réalisés à l’aide de drones (Urban Air Mobility). La conclusion : un tel transport devrait être possible pour du matériel stérile (cathéters spécialisés), des médicaments (antidotes spécifiques tels que le dantrolène), des produits sanguins (sang et plaquettes) ainsi que des tissus humains (pour les greffes de cornée).
Lors d’une deuxième phase, la faisabilité technique et opérationnelle a été évaluée par les équipes techniques des hôpitaux. La troisième phase, actuellement en cours, porte sur une étude approfondie des possibilités juridiques. En effet, la législation nationale relative aux médicaments diffère d’un pays à l’autre.
Co-financé par l'UE
À court terme - dès l’année prochaine -, les partenaires souhaitent lancer les premiers vols d’essai. Au cours du premier trimestre, des cathéters spécialisés seraient transportés du ZOL Saint-Jean vers l’Hôpital universitaire d’Aix-la-Chapelle. Au deuxième trimestre, du dantrolène serait acheminé du ZOL Maas en Kempen vers un hôpital aux Pays-Bas ou en Allemagne encore à déterminer. Chaque trimestre suivant, un autre produit serait transporté par drone d’un pays à l’autre.
À plus long terme (dans un horizon de deux à cinq ans), le projet devrait être étendu à d’autres hôpitaux ainsi qu’à d’autres types de produits à transporter. Une fois le système pleinement opérationnel, des institutions européennes telles que l’AESA (Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne – EASA) pourront mieux adapter leur politique à l’utilisation de drones médicaux transfrontaliers.
Le financement européen transfrontalier Interreg Meuse-Rhin investit 3,4 millions d’euros dans ce projet, dont 1,7 million d’euros provient de l’Union européenne. Le reste du financement est assuré par un cofinancement régional (620.000 euros) et par les partenaires du projet (1,1 million d’euros).
>> Retrouvez davantage de contributions de pharmaciens hospitaliers belges et internationaux dans le magazine thématique « EAHP 2026 » sur notre site web www.lepharamacien.pmg.be/fr