Dinant : un médecin jugé pour faux, sur fond de soupçons sectaires autour d’une patiente décédée
Un médecin dinantais a comparu, mercredi devant le tribunal correctionnel de Dinant, où il est poursuivi pour des faits de faux et usage de faux (faux certificat de décès pour une patiente qui aurait été étouffée) commis le 19 octobre 2011. Une mesure de faveur, sans plus de précisions, a été requise par le parquet de Namur. La défense plaide l'extinction de l'action publique.
Il lui est reproché d'avoir rédigé et signé l'acte de décès d'une dame qu'il n'a pas constaté. "Je la soignais depuis un an. Elle souffrait d'une maladie incurable et ne voulait pas se soigner. Huit à dix jours avant sa mort, j'ai été contacté par une équipe de soignants pour fournir des ordonnances pour des soins de fin de vie. Quand on m'a contacté pour m'annoncer son décès, je me suis dit que c'était la suite logique."
Le prévenu a reconnu avoir rédigé et signé cet acte de décès sans s'être déplacé. Mais il a contesté le fait d'avoir voulu en tirer un avantage quelconque ou l'intention de nuire, nécessaires pour que le faux en écriture soit établi. Il affirme avoir agi de la sorte dans le but "d'apaiser la famille dans ses démarches administratives", en sachant que le corps devait être vu par un second médecin afin de pouvoir être incinéré.
Le parquet de Namur qui a demandé de déclarer les préventions établies estime que le prévenu "s'est épargné un trajet" jusqu'à Hastière en agissant de la sorte.
La défense a plaidé l'extinction de l'action publique sur la base d'un dépassement très grave du délai raisonnable et l'acquittement à titre subsidiaire, estimant que les conditions nécessaires au faux en écriture n'étaient pas rencontrées.
Selon une ancienne membre de la secte, l'Hastièroise aurait été "étouffée par deux de ses veilleuses".
Si ce médecin a été renvoyé devant le tribunal correctionnel, c'est en raison d'une instruction ouverte en septembre 2019, à la suite d'une plainte déposée par la sœur de la défunte. La défunte faisait partie de "la secte de Joël LaBruyère", un Français d'une septantaine d'années, "bien connu pour l'emprise mentale qu'il peut développer sur des groupes", soulignait en 2018 à l'AFP l'organisme gouvernemental français de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), à l'occasion d'une enquête sur son mouvement.
Selon une ancienne membre de cette secte, l'Hastièroise aurait été "étouffée par deux de ses veilleuses". Dans le cadre de cet assassinat présumé, "l'instruction et des devoirs sont toujours en cours dans ce dossier", selon le parquet de Namur.