Présentation du projet de rapport
L’Europe veut ancrer durablement les biotechnologies
Le 29 juin, Wouter Beke (CD&V), en collaboration avec le co-rapporteur Vytenis Povilas Andriukaitis, a présenté le projet de rapport sur le Biotech Act devant une commission conjointe Santé publique - Industrie. Par cette initiative, l’Europe entend renforcer sa compétitivité face aux États-Unis et surtout à la Chine, tout en ancrant durablement le secteur des biotechnologies sur son territoire.
L’industrie biotechnologique en Europe, et donc également en Belgique, est sous pression. La Chine, en particulier, a réalisé d’importants progrès ces dernières années et assume une part de plus en plus importante de la recherche clinique. Afin de faire face à cette concurrence, l’Europe prépare ce que l’on appelle le Biotech Act.
Le premier d’une série de Biotech Acts est consacré aux biotechnologies rouges, c’est-à-dire aux biotechnologies axées sur les applications médicales et pharmaceutiques, telles que les vaccins, la thérapie génique, la thérapie cellulaire et le développement de médicaments. D’autres Biotech Acts suivront et porteront respectivement sur les biotechnologies vertes (agriculture et alimentation) et les biotechnologies blanches (applications industrielles).
Valeur ajoutée et emplois
« Cette législation est importante pour l’avenir de notre médecine », déclare Wouter Beke. « Ces dernières années, plus de la moitié des nouveaux médicaments ont été développés grâce aux biotechnologies. Celles-ci constituent la base de la médecine personnalisée et sont essentielles pour de nombreux traitements contre le cancer. » Le secteur des biotechnologies revêt également une grande importance sur le plan économique. « Il s’agit de l’un des secteurs économiques à la croissance la plus rapide, générant une forte valeur ajoutée et de nombreux emplois. »
Bien qu’il existe en Europe et en Belgique un écosystème solide - composé d’universités, d’hôpitaux, de patients, de start-ups, de scale-ups et de l’industrie pharmaceutique - un risque subsiste en raison d’un manque de capacité d’action. Cette situation pourrait entraîner une perte de parts de marché au profit notamment de la Chine et des États-Unis.
Pourtant, l’Europe dispose bel et bien d’atouts importants, notamment d’une base scientifique solide. Avec 21 % des publications les plus citées dans les domaines de la biologie, de la recherche biomédicale et de la médecine clinique, l’Europe se situe à un niveau proche de celui des États-Unis (22 %) et de la Chine (24 %). En revanche, en ce qui concerne le capital-risque investi dans les biotechnologies, l’Europe (7 %) accuse un retard considérable par rapport à la Chine (14 %) et surtout aux États-Unis (63 %).
Projets transfrontaliers
Une autre tendance préoccupante se dessine dans le domaine des essais cliniques commerciaux. Alors que l’Europe représentait encore 22 % de ces essais en 2013, sa part est tombée à 12 % en 2023. Les États-Unis ont également perdu du terrain au cours de cette période, passant de 28 % à 23 %. Le grand bénéficiaire de cette évolution est la Chine, dont la part est passée de 5 % à 18 %. Le Biotech Act I vise à inverser cette tendance en créant un climat d’investissement garantissant la disponibilité à long terme des médicaments innovants en Europe. « Nous voulons accélérer les études cliniques, améliorer l’accès au financement et renforcer les droits de propriété intellectuelle », explique Wouter Beke.
Pour atteindre cet objectif, l’Europe souhaite mettre en place des procédures plus centralisées et plus rapides pour le lancement des essais cliniques, renforcer les projets stratégiques nationaux et transfrontaliers, accroître l’implication de l’ensemble de l’écosystème et développer de nouveaux instruments de financement. Un élément important du dispositif concerne également les certificats complémentaires de protection, destinés à offrir une protection supplémentaire aux médicaments innovants. Cette mesure ne s’appliquerait toutefois qu’aux innovations « best-in-class », c’est-à-dire les plus avancées de leur catégorie, impliquant des essais cliniques transfrontaliers au sein de l’Union européenne et comprenant au moins une étape de production réalisée dans l’UE.